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Source de l’Hôpital

Source de l’Hôpital - VICHY UNESCO

Son jaillissement impétueux lui ayant valu d’être d’abord appelée « Gros Boulet », elle a pris son nom de Source de l’Hôpital en 1753, suite à l’implantation de l’ancien hôpital de Vichy à proximité. Des travaux menés sur son site d’émergence naturel ont permis de découvrir un captage antique.

La rotonde de la source de l’Hôpital se trouve dans l’axe du pont de Bellerive, entre le vieux Vichy et l’établissement thermal situé à l’autre extrémité du parc des Sources. Elle domine la place auparavant dénommée Rosalie comme la source. Ce bâtiment beige à l’extérieur et vert pâle à l’intérieur a été bâti en 1946 par l’architecte Louis Aublet. Il a succédé au pavillon métallique Art nouveau de 1907 conçu par Gustave Simon.

Un puit romain à plus de 2,50 m de profondeur

C’est sous la surface de cet ancien pavillon que le captage antique de la source de l’Hôpital a été découvert en 1942. Rendus nécessaires par la baisse progressive de son débit, des travaux de nettoyage ont révélé la présence d’un puits maçonné circulaire mesurant 1,18 m de diamètre intérieur. Ce puits construit en pierres de taille est surmonté d’une assise de forme octogonale délimitant son ouverture. L’ouvrage est ceinturé par du béton de chaux contenant de nombreux fragments de briques et de tuiles. « Le massif de béton était destiné à protéger l’émergence et à éviter les fuites d’eau. Le niveau du puits romain se trouvait probablement au niveau du terrain naturel de l’époque. » Membre du Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de l’Université Clermont Auvergne (UCA), Lise Augustin poursuit des recherches sur le passé antique de Vichy et les origines du thermalisme dans la ville. « Le travail de datation par thermoluminescence situe le premier captage entre le milieu du Ier s. av. J.-C. et le milieu du IIIe s. ap. J.-C. »

Des aménagements au fil des siècles

La source qui émerge à une température de 34°C. a connu de nombreuses transformations. « Ses aménagements successifs se sont superposés à partir du puits antique. » Lorsqu’il se trouve pris dans les concrétions (à la fin du Moyen Âge ou au début de l’époque moderne), un nouveau captage est réalisé en pierres de Gannat surmontées d’une assise formant un bassin carré recouvert d’une grille de fer. Après avoir été renforcé, il est agrandi en 1818 et coiffé d’un bassin circulaire en pierre de Volvic entouré d’un promenoir. Un pavillon soutenu par douze colonnes est élevé au-dessus de la source en 1842. Elle alimente principalement l’établissement de bains de l’Hôpital voisin, désaffecté en 1887 puis démoli.

Les curistes affluant durant la seconde moitié du XIXe s., un nouvel aménagement s’impose. Le captage initial est remanié en 1870, une canalisation conduisant directement l’eau à l’établissement thermal est aménagée, tandis que le bassin est remplacé par une vasque en fonte à laquelle les donneuses d’eau viennent puiser.

Depuis les travaux de 1942, l’eau est captée directement dans l’ancien puits antique et dirigée par un réseau de tuyauterie jusqu’à la vasque qui a pris son aspect actuel trente ans après.

Vers 1905, (Médiathèque Valery-Larbaud)
Vers 1910 (Médiathèque Valery-Larbaud)

Une source au cœur du Domaine thermal

Déclarée d’intérêt public par décret impérial le 23 janvier 1861, la source est utilisée en boisson distribuée par les buvettes en libre-service dans le Hall des Sources, ainsi que dans l’établissement thermal Callou. Devenue propriété de la Ville en mars 2021, la source de l’Hôpital fait partie intégrante du Domaine thermal de Vichy exploité par la Compagnie éponyme.

Longtemps disponible en pharmacie, riche en anhydride carbonique qui lui confère son odeur soufrée caractéristique, elle est préconisée en cas de troubles digestifs, gastriques et intestinaux pour traiter des maladies du foie, du colon et du pancréas.

« Au vu des moyens importants mis en œuvre autour de son captage initial, on peut supposer que la source de l’Hôpital a eu un usage thérapeutique dès l’Antiquité, que ce soit en boisson ou en bain. Des indices convergents semblent confirmer cette hypothèse d’un thermalisme présent à Vichy depuis plusieurs millénaires. »  À l’époque lointaine où Vichy était déjà connue pour ses eaux chaudes sous le nom d’Aquae Calidae


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