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Rue Alquié

des villas à l’anglaise semblables et différentes à la fois

Rue Alquié - VICHY UNESCO

Les huit villas à l’anglaise de la rue Alquié, construites en 1863 par Jean Lefaure, répondent à un besoin de logement des officiers de la garde de Napoléon III. Ces maisons, toutes identiques à l’origine, ont évolué avec le temps, selon les envies de leurs propriétaires mais avec une qualité constante. Aujourd’hui, elles sont toutes protégées comme immeuble exceptionnel ou remarquable.

La rue Alquié est une artère parallèle au parc des Sources et aux parcs d’Allier. Longue de plusieurs centaines de mètres, elle est surtout très connue pour sa dernière partie. Celle où se trouvent huit villas à l’anglaise. Jean Lefaure, architecte de l’État, à qui l’on doit aussi les chalets sur le parc et l’église Saint-Louis, se charge de leur construction en 1863. « Toutes ces réalisations sont protégées au titre du Site Patrimonial Remarquable. C’est dire la qualité de ces réalisations », s’exclame Gaëlle Mazé, de la direction du projet de ville de Vichy à la mission patrimoine. Mais pour mieux comprendre pourquoi toutes ces constructions en quelques années, un petit point historique est nécessaire. « La genèse de cette rue, ce sont les cures thermales de Napoléon III. Il a été retenu en captivité pendant 6 ans au fort de Ham, dans la Somme, de 1840 à 1846. Il s’est évadé mais a eu, à la suite de cela, des problèmes de santé. » Rhumatismes et goutte principalement. « Il a fait plusieurs cures dans les Vosges qui n’ont pas eu d’effet sur ses maux. Alors on lui conseille Vichy où il est venu à cinq reprises. » De 1861 à 1864 et en 1866. C’est dans ces années-là que beaucoup de réalisations ont vu le jour. Il y a eu un développement urbain majeur. « En 1861 et 1862, il est logé à la villa Strauss. Mais il veut avoir son chez lui et il fait construire les chalets sur le parc. »

Des logements utilisés seulement un mois dans l’année

Les villas de la rue Alquié, situées juste en face, ont pour objectif de loger les officiers de la garde de l’Empereur. Ces maisons sont aujourd’hui reconnues pour leur grande qualité et, surtout, leur diversité. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, elles n’ont rien à voir avec la réalisation de Jean Lefaure. « Toutes étaient identiques. Il a fait une série. » L’ensemble était très unifié et absolument pas dépareillé. A la manière d’une caserne militaire. « Cela a été construit alors qu’il n’y avait presque rien autour. C’est un module mais d’une très grande qualité car on fait face aux chalets de l’Empereur. » Mais leur occupation a été de courte durée. « On ne venait qu’un mois à Vichy, en été. » Le reste du temps, les maisons sont vides.

« Les huit villas sont protégées au titre du site remarquable »

Après 1866, Napoléon III ne vient plus à Vichy et les villas de la rue Alquié changent très vite de propriétaires. Elles deviennent des logements domestiques et cela entraîne la fin de leur mimétisme. « Il y a eu deux surélévations très importantes en 1913. La villa Bonséjour, la troisième de l’alignement. Et puis les deux suivantes, dont la villa des Arts, font l’objet d’une évolution commune dans un style un peu normand. » Et si les propriétaires successifs ont fortement modifié leurs logements au fil du temps, une constante se dégage : la qualité des différentes réalisations. « Les huit villas sont protégées au titre du site remarquable, sept d’entre elles comme édifice exceptionnel et une comme édifice remarquable. » Mais si l’on souhaite se rendre compte de ce qu’étaient ces constructions en 1863, il suffit de regarder le numéro 21. « Elle est celle qui a le moins changé. A l’origine, on n’avait pas de volets battants persiennes mais des jalousies en bois cachées derrière un lambrequin ornemental. Malgré tout, on retrouve une grande partie de l’aspect de 1913 avec la frise en bois découpé ou l’auvent. Les enduits de la façade semblent aussi être d’origine. » Lors de la Seconde Guerre mondiale, certaines de ces maisons ont été réquisitionnées. Le numéro 19 a hébergé l’ambassade d’Allemagne et le 25, le secrétariat d’État à l’aviation. Et cette rue, dont le nom est celui d’un docteur inspecteur des eaux de Vichy qui a conseillé l’Empereur sur ses traitements, inspire des propriétaires. C’est le cas au 54 de la rue Thermale avec la réplique d’une de ces villas. Preuve que ces logements n’en finissent pas de susciter l’admiration.


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