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Hall des sources

Hall des sources - VICHY UNESCO

Vaisseau de verre et d’acier marquant l’aboutissement de la galerie-promenoir, le Hall des sources a été construit en 1903 par Charles Le Cœur et Lucien Woog.

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Reprenant sa frise de chardons emblématique du Parc des Sources, le ferronnier d’art Émile Robert a contribué à son édification, le peintre Léon Rudnicki décorant les tympans intérieurs latéraux. Ce bâtiment rectangulaire de 1 580 m2 illustre l’évolution architecturale et médicale du thermalisme européen au tournant des XIXe et XXe siècles.

Un lieu à usage unique

Construit sur l’emplacement de l’établissement thermal de 1821 détruit pour l’occasion, le Hall des sources est dédié à la seule prise d’eau. C’est ici qu’émergent naturellement les sources Chomel et Grande-Grille, deux sources supplémentaires (Lucas et Mesdames) ayant été amenées sur place au moyen de canalisations. Comparé à « une halle où l’on trouverait de l’eau minérale et c’est tout*», l’endroit devient le point de ralliement des curistes. (*L’Avenir de Vichy- 4 Janvier 1903)

Finies les anciennes buvettes exiguës et insalubres. Recouvertes de cloches de verre et de cuivre, les sources mises en scène dans des vasques de marbre dotées de robinets à pression sont protégées de la contamination. Dissimulant la structure métallique, une voute intérieure en lambris de bois apporte sa touche chaleureuse. Les buveurs peuvent dorénavant circuler librement dans ce lieu alliant l’utile à l’esthétique conçu dans le style Art nouveau.

Le site de toutes les rencontres

 « À l’instar de la Pump Room de Bath ou de la Trinkhalle de Baden-Baden, le Hall des sources de Vichy devient l’endroit de toutes les rencontres : amoureuses, intellectuelles ou mondaines. » Linguiste passionnée par l’histoire du thermalisme, Christine Chaze s’appuie sur les témoignages d’auteurs européens adeptes des cités thermales. Parmi eux, le journaliste français Eugène Guinot qui passe en revue les catégories de buveurs d’eau dans Un été à Bade : « Les souverains et les princes, les grands seigneurs et les grands capitaines, les millionnaires et les poètes, les dandys et les merveilleuses (…) » Dans Northanger Abbey, Jane Austen, qui a vécu à Bath avec sa famille, ironise sur les rituels thermaux parmi lesquels « la fréquentation de la Pump Room où elles déambulaient une heure durant à regarder tout le monde sans jamais parler à personne (…) » Au travers de sa « promenade littéraire dans l’Europe thermale », Christine Chaze souligne l’importance de ces stations qui, à l’instar de la Reine des Villes d’eaux,  deviennent des « vecteurs de la culture européenne, tout en se dotant d’un patrimoine bâti exceptionnel ».  

Carte postale, vers 1910 (Fonds patrimoniaux de la Ville de Vichy)

Un outil qui s’adapte aux besoins

Les deux petits édifices intérieurs centraux dans lesquels étaient aménagés les gargarisoirs ont  été supprimés, amplifiant l’impression d’espace. Après l’acheminement en 1971 des sources du Parc, des Célestins et de l’Hôpital en 1990, le regroupement des buvettes au sein du Hall est total. Les donneuses d’eau ayant disparu, le système du self-service va alors s’imposer.

Carte postale, vers 1910 (Fonds patrimoniaux de la Ville de Vichy)

Les transformations, intervenues lors des conventions successives entre l’État et la Compagnie Fermière, accentuent le caractère éminemment social de l’endroit.  « Habitant juste en face des années durant, j’ai pu observer qu’en dépit d’un renforcement de la médicalisation de la prise d’eau thermale, le Hall des sources continue de rassembler les curistes. Qu’il s’agisse des expositions et autres manifestations organisées ou des bals proposés sur place en saison deux fois par semaine, il représente un lieu d’animation stratégique à l’abri de la pluie comme du soleil. »  

Unique en France de par sa structure et son toit de pans coupés favorisant le passage de l’air et de la lumière, le Hall des sources évolue en préservant son identité remarquable.


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