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Église Saint-Louis

financement personnel de Napoléon III

Église Saint-Louis - VICHY UNESCO

Consacrée le 2 juillet 1865, le même jour que le Grand Casino, l’église Saint-Louis est aussi un monument commandé par Napoléon III. Mais elle comporte une particularité : sa construction a entièrement été financée par la dotation personnelle de l’Empereur. Ce dernier a fréquenté les lieux quelques semaines, lors de sa dernière visite estivale à Vichy, en 1866.

Située sur la place du même nom, l’église Saint-Louis a été construite en 1864 par la volonté de Napoléon III et vient répondre à la demande du curé de l’église Saint-Blaise. Comme l’explique l’historien Alain Carteret : « Lors de sa première visite en 1861, l’Empereur se rend à l’église Saint-Blaise, la seule de la ville à cette époque et le curé lui dit qu’il est humilié de le recevoir dans un temple aussi peu digne de Dieu. » Dix jours plus tard, l’Empereur affirme au curé, Louis Dupeyrat, qu’il va lui construire une église. Ce sera Saint-Louis. « Il a fallu un peu plus de trois ans pour la livrer entre la décision en 1861 et le premier office le 2 juillet 1865. » C’est ce même jour qu’est fixée la consécration. « Elle a lieu le matin et, l’après-midi, c’est l’inauguration du Grand Casino. » Mais ces deux événements se déroulent sans Napoléon III. S’il a fréquenté la cité thermale chaque été depuis 1861, il fait une pause à l’été 1965. Son retour en 1866 donne lieu à une nouvelle cérémonie. « J’imagine qu’il a souhaité voir le résultat. » Car à la différence de l’établissement de jeux, le lieu de culte a été financé par la liste personnelle de Napoléon III. Non avec ses fonds propres mais avec la dotation qui lui est accordée. Une information inscrite dans la pierre et en latin, au-dessus de l’entrée principale : « Napoléon III a fait édifier cette église à ses frais en 1864 ».

Un édifice en l’honneur du fils de Napoléon III

Et si le souverain s’est autant impliqué, c’est parce qu’il a souhaité un édifice en l’honneur de son fils. « Elle s’appelle Saint-Louis car il était prénommé Louis Napoléon Bonaparte, son père également et son fils utilisait essentiellement son troisième prénom qui est Louis. » Mais la présence familiale ne s’arrête pas là. Car certains de ses membres sont immortalisés sur des vitraux disposés au-dessus du chœur. Un pour chaque. « Napoléon III laisse la liberté à Antoine Lusson, maître verrier le plus côté de l’époque, de concevoir neuf vitraux qui représentent des personnages de la famille impériale, des Bonaparte et des Beauharnais. » Le souverain n’est pas représenté mais sa mère et sa femme sont immortalisées, ainsi que son oncle Napoléon 1er. Le vitrail représentant ce dernier est même le seul connu dans le monde.

Une décoration intérieure totalement effacée après un nettoyage en 1914

En ce qui concerne la décoration intérieure, il n’est pas simple de la décrire. Car, contrairement à « Notre-Dame-des-Malades », les murs de l’église Saint-Louis sont entièrement vierges. Et pourtant, ils étaient intégralement peints. « Anatole Dauvergne a réalisé une décoration de style Byzantin. Avec le temps, l’œuvre noircie par les nombreux cierges brûlés s’est quelque peu effacée. Elle a définitivement disparue lors d’un grand nettoyage réalisé en 1914. » Une année lors de laquelle tout n’a pas disparu. Des travaux d’agrandissement sont engagés et les tribunes sont créées. Le curé Goutet, alors en poste, commande également une décoration murale au peintre parisien Alphonse Osbert. Réalisée à l’aide d’une toile marouflée, elle prend place juste en-dessous des neuf vitraux. « Elle aurait été faite en cinq morceaux à Paris, dans son atelier, et a été apposée et bénie en 1915. Elle représente les 56 ans de la vie de Saint-Louis et son auteur s’est accordé la largesse de se représenter lui-même, ainsi que le curé Goutet. » Une fantaisie très usitée à cette époque. De l’autre côté des lieux, à l’entrée, l’orgue est aussi changé. Un instrument de Merklin vient remplacer le Cavallié-Coll installé en 1875. Car, à la création, il n’y avait pas d’orgue. Aujourd’hui, l’instrument est un Aubertin. Depuis 1991, il est le quatrième orgue à délivrer ses notes entre les pierres de l’édifice néo-roman. Et si l’église Saint-Louis porte l’empreinte de Napoléon III, elle a aussi été, pendant quatre ans, la cathédrale de l’État français où le maréchal Pétain a assisté à plusieurs offices.


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