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Établissement thermal de 2nde classe

Établissement thermal de 2nde  classe - VICHY UNESCO

Le Second Empire et les séjours répétés de Napoléon III ont dynamisé le développement de la cité thermale. Pour faire face à l’afflux de curistes, un établissement de seconde classe dessiné par Charles Badger a été construit entre 1854 et 1857.

Clerget. Nouvel établissement thermal (anciens thermes de 2 classe), 1858 (Fonds patrimoniaux de la Ville de Vichy)

En 1853, les fondateurs de la Compagnie fermière de Vichy s’étaient vus confier par l’Empereur l’exploitation de l’établissement thermal et de ses sources. Originaire de Bristol, Charles Badger figurait parmi les architectes  des concessionnaires. C’est lui qui a dessiné les plans des Bains de 2ème classe ouverts aux curistes en juin 1858.

Alterner les prises d’eau avec les soins

« Le bâtiment de style néo-classique est construit à proximité des buvettes, sur le site de l’ancien couvent des Capucins acheté pour le compte de l’État par le baron Lucas en 1830. Il est implanté dans le prolongement de l’établissement thermal édifié entre 1821 et 1828 à la demande de la Duchesse d’Angoulême. » Médecin thermal et conférencier, le docteur Philippe Guérin s’intéresse de près à l’histoire des établissements de soins vers lesquels sont orientés les curistes entre les prises d’eaux. « De forme rectangulaire, l’établissement conçu par Charles Badger se composait de plusieurs galeries entrecroisées avec pavillons et avant-corps. Les bains étaient séparés en deux de manière symétrique : à gauche la partie réservée aux femmes, à droite pour les hommes.»

Carte postale, vers 1900 (Fonds patrimoniaux Ville de Vichy)

Proposer des bains pour tous

Ces bains de différentes classes s’inscrivent dans le mode d’organisation sociale du Second Empire. Dans le cadre des grands travaux menés par la Compagnie fermière de Vichy, Charles Badger s’est ensuite vu confier la réalisation des Bains de l’Hôpital en 1875. « Plus l’activité se développe, plus le service de la gratuité peut délivrer de soins et accueillir de monde. » Le nombre de curistes désireux de profiter des vertus des eaux du bassin de Vichy continue de croître. En 1927, une nouvelle convention de fermage prévoit alors la reconstruction des bains de 2ème et 3ème classes.

La dénomination « Bains Callou » fait son apparition lorsque l’architecte Charles Letrosne livre les établissements éponymes inaugurés en 1933 en présence du Président Albert Lebrun. « Les cabines sont toutes individuelles, hommes et femmes déambulant dans le même espace. »

Le bâtiment de Charles Badger a, quant à lui, été partiellement démoli ; seules la galerie centrale et deux galeries perpendiculaires au sud subsistent encore, arborant aujourd’hui  l’enseigne « Galerie Napoléon ».

Construire un thermalisme novateur

Les progrès de la pharmacologie et la décolonisation vont provoquer le déclin du thermalisme vichyssois. Les premiers Bains Callou sont entièrement détruits en 1989. « Place aux nouveaux Bains Callou qui tiennent compte des évolutions thérapeutiques.» Ses fonctions de médecin conseiller technique des Thermes de Vichy (de 2005 à 2020) confèrent au Docteur Guérin une bonne connaissance des lieux. « Le bâtiment répond aux normes d’hygiène du thermalisme moderne de grande capacité d’accueil, avec un point essentiel selon moi : la possibilité de boire les eaux en peignoir pendant les soins. »

Renvoyant l’image d’un thermalisme novateur, l’édifice ouvert en 1990 est un bloc de béton trapézoïdal pourvu d’un toit terrasse. Ses multiples baies carrées, rectangulaires et circulaires accordent une large place au verre. L’entrée se fait par un mur-rideau cylindrique qui reflète la végétation environnante. 

Une concession qui traverse les siècles

Le domaine thermal de Vichy appartenait à l’État depuis un arrêt royal de François 1er en juillet 1527. Napoléon III décide de confier l’exploitation de l’établissement thermal en concession à la société Lebobe, Callou et Cie en 1853. Neuf ans plus tard, la société Lebobe, Callou et Cie devient la Compagnie Fermière de Vichy. Pendant près d’un siècle, elle a été dirigée par ses fondateurs, au premier rang desquels Arthur Callou (1822-1870). « Un type, ce Callou, l’administrateur moderne, le faiseur du jour, l’Haussman d’ici. » (Extrait du Journal des frères Goncourt)

Propriétaire de son domaine thermal racheté à l’État le 5 mars 2021, la Ville de Vichy œuvre aujourd’hui en partenariat avec la Compagnie de Vichy.

Au fur et à mesure de la construction de bâtiments adaptés aux besoins du thermalisme vichyssois, les mentions de classe vont disparaître. Au sein des Bains Callou, seule compte aujourd’hui l’amélioration technologique permanente apportées aux soins.


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