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La Rue Hubert-Colombier

résumé de l’architecture Vichyssoise

La Rue Hubert-Colombier - VICHY UNESCO

Sur une centaine de mètres de long, la rue Hubert-Colombier, du nom de son créateur, offre un condensé de l’architecture Vichyssoise de la grande époque. Si les plans de base sont des villas similaires, leurs façades écument tous les styles. Une proposition architecturale remarquable grâce à laquelle presque tous les numéros de la rue sont inscrits au titre des Monuments Historiques.

La rue Hubert-Colombier est, à sa création, celle qui fait le lien entre le vieux Vichy et le Vichy thermal qui se développe au milieu du XIXème siècle. Elle doit son nom, qu’elle n’adopte pas tout de suite, à Hubert Colombier. « C’est un banquier vichyssois qui achète des terrains aux enchères dans le but de faire lotir », confie Fabienne Gelin, responsable des fonds patrimoniaux de la ville de Vichy. Il fait rapidement construire cinq villas. « Elles sont réalisées par deux architectes, Antoine Percilly et Henri Décoret. Pour les louer, il publie des annonces dans la presse où il précise : de préférence à des médecins. » La clientèle est ciblée. « Ils font la saison thermale donc ils louent pendant toute cette durée. » Mais si la construction de ces villas est réalisée très vite, entre 1895 et 1905, Hubert Colombier ne voit pas le chantier arriver à son terme. Il meurt brutalement, à l’âge de 49 ans, le 10 avril 1899.

Une artère privée et fermée à l’aide de grilles jusqu’au milieu des années 50

Si l’homme qui l’a imaginée n’est plus là, la rue poursuit son développement avec ses particularités. La première : elle est privée. Jusque dans les années 50, des grilles sont placées à ses extrémités. Un gardien a la charge de les ouvrir le matin et les fermer le soir. Celui-ci habite la plus petite résidence, au coin de la rue. « On le voit très bien avec la profondeur de la toiture qui est vraiment minime. Mais elle a beaucoup de caractère. » À quelques mètres, dans le virage, la plus grande appartient au beau-père d’Hubert Colombier, Jacques Jurietti. « Il achète trois parcelles à son gendre pour faire édifier son hôtel particulier. Lui n’a pas l’intention de louer. Il est le propriétaire du Cercle international et cette maison devient sa vitrine personnelle. » L’homme souhaite afficher son statut social. Il fait appel à un architecte lyonnais, Henri Despierre, et des artistes de la même ville pour réaliser les peintures et la décoration intérieure. « C’est très fastueux. A la différence des autres villas de la rue qui ont un but locatif. » Car la plus grande richesse architecturale, ce sont les façades. Elles rivalisent les unes avec les autres. « Il faut se démarquer. » On emprunte des influences à différents styles : Flamand, Art nouveau, Gothique ou même du Louis XIII. À l’autre extrémité de la rue, le Castel Français dénote. Ici, on trouve une tour placée au centre de deux ailes. « Elle a deux objectifs : participer au caractère médiéval de la construction et faire la liaison entre les deux parties distinctes du bâtiment. » Il était même prévu un écusson avec les initiales HC, pour Hubert-Colombier. « Comme il est mort avant la fin des travaux, cela a été remplacé par un petit soldat. Visiblement sa veuve n’a pas tenu à ce souvenir. » Ces constructions participent au développement express de la cité thermale. « On recense environ 250 villas en 1880 et plus de 850 en 1914. » Un rythme fou. Alors, si vous voulez avoir une idée de l’architecture dans la Reine des villes d’eaux, une visite de la rue Hubert-Colombier est obligatoire. Et même plusieurs. Car selon l’heure du jour et l’ensoleillement, les façades dévoilent différentes couleurs.


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